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 Les poèmes à partager

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Matriarche3



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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 13 Fév 2016, 13:42

A la France
André Chénier
France ! ô belle contrée, ô terre généreuse
Que les dieux complaisants formaient pour être heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux t’épargne les fureurs ;
Tes arbres innocents n’ont point d’ombres mortelles ;
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois
Des tigres frémissants ne redoutent la voix ;
Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes
En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes.
Les chênes, les sapins et les ormes épais
En utiles rameaux ombragent tes sommets ;
Et de Beaune et d’Aï les rives fortunées,
Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées,
Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux
Des vins délicieux mûris sur leurs coteaux.
La Provence odorante, et de Zéphyre aimée,
Respire sur les mers une haleine embaumée,
Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,
L’orange et le citron de leur tunique d’or ;
Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,
Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,
Et ces réseaux légers, diaphanes habits,
Où la fraîche grenade enferme ses rubis.
Sur tes rochers touffus la chèvre se hérisse,
Tes prés enflent de lait la féconde génisse,
Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,
Épaissir le tissu de leur blanche toison.
Dans les fertiles champs voisins de la Touraine,
Dans ceux où l’Océan boit l’urne de la Seine,
S’élèvent pour le frein des coursiers belliqueux.
Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :
L’indomptable Garonne aux vagues insensées,
Le Rhône impétueux, fils des Alpes glacées,
La Seine au flot royal, la Loire dans son sein
Incertaine, et la Saône, et mille autres enfin
Qui nourrissent partout, sur tes nobles rivages,
Fleurs, moissons et vergers, et bois et pâturages,
Rampent aux pieds des murs d’opulentes cités,
Sous les arches de pierre à grand bruit emportés.

Dirai-je ces travaux, source de l’abondance,
Ces ports, où des deux mers l’active bienfaisance
Amène les tributs du rivage lointain
Que visite Phoebus le soir ou le matin ?
Dirai-je ces canaux, ces montagnes percées,
De bassins en bassins ces ondes amassées
Pour joindre au pied des monts l’une et l’autre Téthys ?
Et ces vastes chemins en tous lieux départis,
Où l’étranger, à l’aise achevant son voyage,
Pense au nom des Trudaine et bénit leur ouvrage ?

Ton peuple industrieux est né pour les combats.
Le glaive, le mousquet n’accablent point ses bras.
Il s’élance aux assauts, et son fer intrépide
Chassa l’impie Anglais, usurpateur avide.
Le ciel les fit humains, hospitaliers et bons,
Amis des doux plaisirs, des festins, des chansons ;
Mais, faibles opprimés, la tristesse inquiète
Glace ces chants joyeux sur leur bouche muette,
Pour les jeux, pour la danse appesantit leurs pas,
Renverse devant eux les tables des repas,
Flétrit de longs soucis, empreinte douloureuse,
Et leur front et leur âme. Ô France ! trop heureuse,
Si tu voyais tes biens, si tu profitais mieux
Des dons que tu reçus de la bonté des cieux !

Vois le superbe Anglais, l’Anglais dont le courage
Ne s’est soumis qu’aux lois d’un sénat libre et sage,
Qui t’épie, et, dans l’Inde éclipsant ta splendeur,
Sur tes fautes sans nombre élève sa grandeur.
Il triomphe, il t’insulte. Oh ! combien tes collines
Tressailliraient de voir réparer tes ruines,
Et pour la liberté donneraient sans regrets,
Et leur vin, et leur huile, et leurs belles forêts !
J’ai vu dans tes hameaux la plaintive misère,
La mendicité blême et la douleur amère.
Je t’ai vu dans tes biens, indigent laboureur,
D’un fisc avare et dur maudissant la rigueur,
Versant aux pieds des grands des larmes inutiles,
Tout trempé de sueurs pour toi-même infertiles,
Découragé de vivre, et plein d’un juste effroi
De mettre au jour des fils malheureux comme toi.

Tu vois sous les soldats les villes gémissantes ;
Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes,
Le sel, fils de la terre, ou même l’eau des mers,
Sources d’oppression et de fléaux divers ;
Vingt brigands, revêtus du nom sacré de prince,
S’unir à déchirer une triste province,
Et courir à l’envi, de son sang altérés,
Se partager entre eux ses membres déchirés.
Ô sainte Égalité ! dissipe nos ténèbres,
Renverse les verrous, les bastilles funèbres.
Le riche indifférent, dans un char promené,
De ces gouffres secrets partout environné,
Rit avec les bourreaux, s’il n’est bourreau lui-même ;
Près de ces noirs réduits de la misère extrême,
D’une maîtresse impure achète les transports,
Chante sur des tombeaux, et boit parmi des morts.

Malesherbes, Turgot, ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.

Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile ;
J’irai, j’irai bien loin me chercher un asile,
Un asile à ma vie en son paisible cours,
Une tombe à ma cendre à la fin de mes jours,
Où d’un grand au coeur dur l’opulence homicide
Du sang d’un peuple entier ne sera point avide,
Et ne me dira point, avec un rire affreux,
Qu’ils se plaignent sans cesse et qu’ils sont trop heureux ;
Où, loin des ravisseurs, la main cultivatrice
Recueillera les dons d’une terre propice ;
Où mon coeur, respirant sous un ciel étranger,
Ne verra plus des maux qu’il ne peut soulager ;
Où mes yeux, éloignés des publiques misères,
Ne verront plus partout les larmes de mes frères,
Et la pâle indigence à la mourante voix,
Et les crimes puissants qui font trembler les lois.

Toi donc, Équité sainte, ô toi, vierge adorée,
De nos tristes climats pour longtemps ignorée,
Daigne du haut des cieux goûter le libre encens
D’une lyre au coeur chaste, aux transports innocents,
Qui ne saura jamais, par des voeux mercenaires,
Flatter à prix d’argent des faveurs arbitraires,
Mais qui rendra toujours, par amour et par choix,
Un noble et pur hommage aux appuis de tes lois.
De voeux pour les humains tous ses chants retentissent ;
La vérité l’enflamme, et ses cordes frémissent
Quand l’air qui l’environne auprès d’elle a porté
Le doux nom des vertus et de la liberté.

André Chénier, Hymnes et Odes
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 20 Fév 2016, 09:03

à méditer

Je me Permets
De m'exprimer... c'est la clé de l'authenticité,
De me tromper... c'est un signe d'humilité,
De risquer... c'est un pas vers la liberté,
De dire non... c'est un gage de d'affirmation,
De m'isoler... c'est le seuil de l'intériorité,
D'écouter... c'est l'itinéraire de la vérité,
De m'interroger... c'est l'éclaircie de l'incertitude,
De dire la vérité... c'est le miroir de la transparence,
De m'émouvoir... c'est l'ouverture à l'émerveillement,
De pleurer... c'est l'éclosion de la sensibilité,
De rire... c'est l'apanage de la joie,
De chanter... c'est le palliatif de la tristesse,
De prier... c'est l'abreuvement à la source
De pardonner... c'est l'ultime pas vers la libération,
De remercier... c'est l'amorce vers la gratitude,
De rêver... c'est l'ascension vers la réalisation ...
(texte: andré Bissonette)
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 20 Fév 2016, 13:39

Un grand écrivain-poète est disparu.

Umberto eco, qui est décédé la nuit dernière à l'âge de 84 ans, était un des plus grands érudits, mais une érudition mise au service du divertissement et de l'humour.


« Umberto Eco était un des plus grands érudits de la planète. Il savait expliquer en trois lignes les choses les plus compliquées comme la science des signes. C'était aussi quelqu'un qui avait beaucoup d'humour, qui était au service du gai savoir », témoigne François Busnel.

Le présentateur de l'émission littéraire La Grand Librairie a rendu un vibrant hommage ce matin sur France Info à l'écrivain italien décédé cette nuit.

Regard joyeux

Busnel connaissait bien Umberto Eco pour l'avoir reçu à de nombreuses reprises. A la sortie de ses livres, mais pas uniquement. Il aimeiat le rencontrer car « Umberto Eco était quelqu'un avec qui il faisait bon parler. Il portait un regard joyeux sur le monde et cherchait un chemin et une solution dans ce monde en crise ».

Si chacun des romans de Umberto Eco est un succès, c'est évidemment le « Nom de la rose » qui a marqué les esprits. « Ce fut une déflagration. C'est un livre extrêmement érudit avec des passages en latin, mais c'est aussi un polar avec une enquête de ce Franciscain ancêtre de Sherlock Holmes. Avec ce livre Eco nous a fait découvrir un Moyen-Age rocambolesque. »

Divertir

Mais pour François Busnel, la plus grande qualité de Umberto Eco est d'avoir tout au long de sa vie de rendre « accessible ce qui était l'apanage d'une certaine élite. Son apport à l'histoire est capital. »
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 22 Fév 2016, 08:48

Ce n'est pas vraiment un poème mais une magnifique maîtrise de la langue française. Quel florilège !!

UNE PERLE DE JEAN D'ORMESSON :

"Myope comme une taupe"
"Rusé comme un renard"
"Serrés comme des sardines"...
Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

La preuve:

Que vous soyez fier comme un coq
Fort comme un bœuf
Têtu comme un âne
Malin comme un singe
Ou simplement un chaud lapin
Vous êtes tous, un jour ou l'autre
Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche
Vous arrivez à votre premier rendez-vous
Fier comme un paon
Et frais comme un gardon
Et là ... Pas un chat !
Vous faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin
Il y a anguille sous roche
Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard
La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l'a certifié
Cette poule a du chien
Une vraie panthère !
C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois
Quand finalement la fine mouche arrive
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard
Il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard
Sauf que la fameuse souris
Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en fait aussi plate qu'une limande
Myope comme une taupe
Elle souffle comme un phoque
Et rit comme une baleine
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat
Vous roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes rouge comme une écrevisse
Mais vous restez muet comme une carpe
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous sautez du coq à l'âne
Et finissez par noyer le poisson
Vous avez le cafard
L'envie vous prend de pleurer comme un veau
(ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon)
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous inventer une fièvre de cheval
Qui vous permet de filer comme un lièvre
C'est pas que vous êtes une poule mouillée
Vous ne voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez beau être doux comme un agneau
Sous vos airs d'ours mal léché
Faut pas vous prendre pour un pigeon
Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis, ç'aurait servi à quoi
De se regarder comme des chiens de faïence
Après tout, revenons à nos moutons
Vous avez maintenant une faim de loup
L'envie de dormir comme un loir
Et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.

Billet d'humour de Jean D'ORMESSON !!! Bel hommage à la langue française
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 22 Fév 2016, 10:21

Si tu veux nous nous aimerons

Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l'interromps
Qu'à verser un silence pire

Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire

Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d'empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu'aux pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons.




Stéphane Mallarmé
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 25 Fév 2016, 09:19

TANT QU’IL Y AURA…

Tant qu’il y aura des perles de joies enchâssées au collier des jours;
Tant qu’il aura un dimanche au bout de chacune nos semaines;
Tant qu’il y aura de jolis printemps et des hivers pour faire des cœurs de neige aux enfants;
Tant qu’il y aura des aurores pour annoncer l’arrivée d’un nouveau matin;
Tant qu’il y aura des aubades d’oiseaux et des fleurs pour enchanter et embellir nos jardins;
Tant qu’il y aura du soleil après la pluie et des sourires après les larmes;
Tant qu’il y aura la mer accordée avec le ciel et la nuit pour succéder au jour;
Tant qu’il y aura de l’eau pure dans nos rivières et des arbres dans nos forêts;
Tant qu’il y aura des étoiles scintillantes, des lunes rêveuses et des soleils éclatés;
Tant qu’il y aura des chiens pour nous apprendre la fidélité et des chevaux pour nous enseigner la bonté;
Tant qu’il y aura des vaches et de l’herbe verte dans les champs et dans les prés,
Tant qu’il y aura des enfants pour nous empêcher de vieillir et de baisser les bras;
Tant qu’il y aura des baisers aux lèvres des amants et des prières à celles des mourants;
Tant qu’il y aura des amis pour nous tendre la main et partager notre route;
Tant qu’Il aura du feu dans l’âtre et des odeurs de bonne cuisine dans nos maisons;
Tant qu’il y aura de chaudes couvertures pour nous protéger du froid;
Tant qu’il y aura des horizons et des chemins nouveaux à parcourir;
Tant qu’il y aura des portes et des fenêtres à ouvrir à leur pleine grandeur;
Tant qu’il y aura du bon vin dans nos verres et du pain frais sur nos tables;
Tant qu’il y aura des chansons pour nous faire rêver et des musiques pour nous faire danser;
Tant qu’il y aura des promesses d’amour et de bonheur dans l’air;
Tant qu’il y aura du respect, de la reconnaissance et des mots gentils;
Tant qu’il y aura de l’espoir, de la solidarité et de la confiance en l’autre;
Tant qu’il y aura des caresses pour panser nos blessures et apaiser nos souffrances;
Tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour se tenir debout;
Tant qu’il y aura des cœurs et des mains pour battre à l’unisson;
Tant qu’il y aura des mots et des voix pour le dire et le chanter :
LA VIE VAUDRA LA PEINE D’ÊTRE VÉCUE.

René Berthiaume
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 25 Fév 2016, 10:54

Très beau texte.

Titre : Au lion de Belfort.

Poète : François Coppée (1842-1908)

Recueil : Le cahier rouge (1892).

Si je gravais des vers sur ton socle de pierre,
Certes, j'exalterais tes combats glorieux,
Ô monstre colossal, qui, seul victorieux,
Seul peux montrer les crocs et froncer la paupière.

Je dirais qu'on t'a vu, jusqu'à l'heure dernière,
Fauve géant, qui fus digne des fiers aïeux,
Rejeter loin de toi, sanglant et furieux,
L'assaut des cent chacals pendus à ta crinière.

Mais. je voudrais encore ajouter : Grand lion,
Symbole de colère et de rébellion,
D'un moins sombre avenir tu nous es l'assurance.

Attends, sois, comme tous, patient et muet ;
Mais, si la haine sainte en nous diminuait,
Rugis pour rappeler son devoir à la France !

François Coppée.

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 09 Mar 2016, 12:21

Sans toi
Gaspard-Auguste


SANS TOI
(chanson pour l’en allée)

Il peut pleuvoir ou bien neiger
faire beau soleil ou bien tempête
Sans toi, il n’y a plus d’été
Sans toi, il n’y a plus de fête

Et ma maison est sans lumière
et sans saveur sont ses fruits
Printemps, été, automne, hiver
chaque matin est une nuit

Peu m’importe le temps
Peu m’importe les gens
Mon cœur aura toujours froid
sans toi, sans toi, sans toi, sans toi

Je tourne en rond, je tourne à vide
Je perds la tête, je perds le nord
Je prends de l’âge, je prends des rides
loin de tes yeux, loin de ton corps

Toutes les chansons du monde
ne me parlent que de toi
Mon âme est vagabonde
Je n’entends plus que ta voix

Les jours s’en vont d’une aile lasse
Passent les heures, passe le temps
Et j’ai le cœur à marée basse
quand je revois nos quarante ans

S’il faut souffrir pour te survivre
verser des larmes pour m’y noyer
alors je veux bien poursuivre
le long chemin de notre vie

Mais mon cœur aura toujours froid
sans toi, sans toi, sans toi…
sans toi !
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 09 Mar 2016, 14:28

Le Poète et écrivain Théophile Gautier
Théophile Gautier
Variations sur le Carnaval De Venise
Carnaval
« Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.

Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d'une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs.

Battant de l'aile avec sa manche
Comme un pingouin sur un écueil,
Le blanc Pierrot, par une blanche,
Passe la tête et cligne l'oeil.

Le Docteur bolonais rabâche
Avec la basse aux sons traînés;
Polichinelle, qui se fâche,
Se trouve une croche pour nez.

Heurtant Trivelin qui se mouche
Avec un trille extravagant,
A Colombine Scaramouche
Rend son éventail ou son gant.

Sur une cadence se glisse
Un domino ne laissant voir
Qu'un malin regard en coulisse
Aux paupières de satin noir.

Ah! fine barbe de dentelle,
Que fait voler un souffle pur,
Cet arpège m'a dit : C'est elle !
Malgré tes réseaux, j'en suis sûr,

Et j'ai reconnu, rose et fraîche,
Sous l'affreux profil de carton,
Sa lèvre au fin duvet de pêche,
Et la mouche de son menton. »
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 10 Mar 2016, 07:45

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 10 Mar 2016, 12:27

A Cupidon
Pierre de Ronsard
Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre
Pousse le jour qui luit
D’une obscure ombre.

L’Autonne suit l’Esté,
Et l’aspre rage
Des vents n’a point esté
Apres l’orage.

Mais la fièvre d’amours
Qui me tourmente,
Demeure en moy tousjours,
Et ne s’alente.

Ce n’estoit pas moy, Dieu,
Qu’il falloit poindre,
Ta fleche en autre lieu
Se devoit joindre.

Poursuy les paresseux
Et les amuse,
Mais non pas moy, ne ceux
Qu’aime la Muse.

Helas, delivre moy
De ceste dure,
Qui plus rit, quand d’esmoy
Voit que j’endure.

Redonne la clarté
A mes tenebres,
Remets en liberté
Mes jours funebres.

Amour sois le support
De ma pensée,
Et guide à meilleur port
Ma nef cassée.

Tant plus je suis criant
Plus me reboute,
Plus je la suis priant
Et moins m’escoute.

Ne ma palle couleur
D’amour blesmie
N’a esmeu à douleur
Mon ennemie.

Ne sonner à son huis
De ma guiterre,
Ny pour elle les nuis
Dormir à terre.

Plus cruel n’est l’effort
De l’eau mutine
Qu’elle, lors que plus fort
Le vent s’obstine.

Ell’ s’arme en sa beauté,
Et si ne pense
Voir de sa cruauté
La récompense.

Monstre toy le veinqueur,
Et d’elle enflame
Pour exemple le coeur
De telle flame,

Qui la soeur alluma
Trop indiscrete,
Et d’ardeur consuma
La Royne en Crete.

Pierre de Ronsard, Les Odes
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 10 Mar 2016, 13:47

:MP: :MP:

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 10 Mar 2016, 15:38

J'aime beaucoup Ronsard ! Merci !
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 10 Mar 2016, 17:34

En voici un autre alors

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Pierre de RONSARD (1524-1585)

Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie

Chanson

Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie.
Bonjour mon oeil, bonjour ma chère amie,
Hé ! bonjour ma toute belle,
Ma mignardise, bonjour,
Mes délices, mon amour,
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle,
Mon doux plaisir, ma douce colombelle,
Mon passereau, ma gente tourterelle,
Bonjour, ma douce rebelle.

Hé ! faudra-t-il que quelqu'un me reproche
Que j'aie vers toi le coeur plus dur que roche
De t'avoir laissée, maîtresse,
Pour aller suivre le Roi,
Mendiant je ne sais quoi
Que le vulgaire appelle une largesse ?
Plutôt périsse honneur, court, et richesse,
Que pour les biens jamais je te relaisse,
Ma douce et belle déesse.
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Ven 11 Mar 2016, 16:13

sublime poème ...
J'aime beaucoup les classiques mais l'amoureuse des mots que je suis, aime découvrir de nouveaux poètes inconnus dont les écrits me touchent beaucoup

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Ven 11 Mar 2016, 16:31

Quelques poèmes de Joachim du Bellay

Quand la fureur, qui bat ... ( tiré de L'Olive - 1549)

Quand la fureur, qui bat les grands coupeaux,
Hors de mon coeur l'Olive arrachera,
Avec le chien le loup se couchera,
Fidèle garde aux timides troupeaux.

Le ciel, qui voit avec tant de flambeaux,
Le violent de son cours cessera.
Le feu sans chaud et sans clarté sera,
Obscur le rond des deux astres plus beaux.

Tous animaux changeront de séjour
L'un avec l'autre, et au plus clair du jour
Ressemblera la nuit humide et sombre,

Des prés seront semblables les couleurs,
La mer sans eau, et les forêts sans ombre,
Et sans odeur les roses et les fleurs.
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 12 Mar 2016, 08:00


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 12 Mar 2016, 10:35

A Cupidon
Pierre de Ronsard
Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre
Pousse le jour qui luit
D’une obscure ombre.

L’Autonne suit l’Esté,
Et l’aspre rage
Des vents n’a point esté
Apres l’orage.

Mais la fièvre d’amours
Qui me tourmente,
Demeure en moy tousjours,
Et ne s’alente.

Ce n’estoit pas moy, Dieu,
Qu’il falloit poindre,
Ta fleche en autre lieu
Se devoit joindre.

Poursuy les paresseux
Et les amuse,
Mais non pas moy, ne ceux
Qu’aime la Muse.

Helas, delivre moy
De ceste dure,
Qui plus rit, quand d’esmoy
Voit que j’endure.

Redonne la clarté
A mes tenebres,
Remets en liberté
Mes jours funebres.

Amour sois le support
De ma pensée,
Et guide à meilleur port
Ma nef cassée.

Tant plus je suis criant
Plus me reboute,
Plus je la suis priant
Et moins m’escoute.

Ne ma palle couleur
D’amour blesmie
N’a esmeu à douleur
Mon ennemie.

Ne sonner à son huis
De ma guiterre,
Ny pour elle les nuis
Dormir à terre.

Plus cruel n’est l’effort
De l’eau mutine
Qu’elle, lors que plus fort
Le vent s’obstine.

Ell’ s’arme en sa beauté,
Et si ne pense
Voir de sa cruauté
La récompense.

Monstre toy le veinqueur,
Et d’elle enflame
Pour exemple le coeur
De telle flame,

Qui la soeur alluma
Trop indiscrete,
Et d’ardeur consuma
La Royne en Crete.

Pierre de Ronsard, Les Odes
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 12 Mar 2016, 16:03


Nous dormirons ensemble


Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble


Louis Aragon

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 12 Mar 2016, 17:54

Chanteur poète Charleroi

Là-bas, dans un lopin de terre
Mouillé par un triste canal,
Je vais souvent prendre un peu d'air
Quand tout le reste m'est égal


J'ai fait la belle
A Marcinelle,


Dans tes faubourgs pleins de tendresse,
Dans tes fossés trop déchaussés,
Depuis toujours par maladresse,
Les fées n'ont jamais pu danser.
Châteaux de fer sur notre Terre,
Couleur de rouille et de bonheur,
Ma plage à moi, mon bal d'hiver
Où je n'ai jamais froid au cœur.



Tu as le cœur plein de fumées,
Ca fait tousser tous tes pinsons
Et si tes routes sont grisées,
C'est par le rire de tes chansons.
Ton ciel est couleur d'églantine,
Y a des épines à tes drapeaux
Mais les romains de tes cantines
N'ont pas de plume à leur chapeau.



Quand j'ai le cœur qui vagabonde
Et que je n'ai plus de raison
De bourlinguer de par le monde,
J'oublie mes Berthe et mes Suzon,
Je m'en reviens à tire d'aile
Ecouter chanter les crapauds
Et les copains en ribambelle
Qui ne m'ont pas tourné le dos.
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 24 Mar 2016, 16:21


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 24 Mar 2016, 17:14

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 24 Mar 2016, 17:22

La femme adultère
Federico Garcia Lorca
A Lydia Cabrera y a su negrit

Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière

Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages d’affilée
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers

Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu’elle me disait
Le clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière

Federico Garcia Lorca, extrait de « El Romancero Gitano »
Traduction Jean Prévost
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Ven 25 Mar 2016, 11:26


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Ven 25 Mar 2016, 12:35

Foin du sérieux, rions un peu.

En direct d'un Jean de la Fontaine africain.

FABLE AFRICAINE

Une fermière du Rwanda,
> > > > Qui était Hutu de surcroît,
> > > > Quitta sa case et sa smala
> > > > Pour le marché de Kampala.
> > > > Elle voulait honorer sa tribu
> > > > D'un beau chapon gras et dodu...

Mais elle était peu fortunée,
> > > > Et le marchand Tutsi, rusé,

Refusa de baisser le prix

Du chapon par elle choisi...
> > > >
> > > Me le donnerais-tu,

Dit la cliente Hutu,
> > > > Contre une gâterie
> > > > Sur ton beau bengali ?
> > > >
> > > > A voir, dit le vendeur,

De cette gâterie quelle serait la valeur ?
> > > > Vaudrait-elle un chapon ?
> > > > Il m'en faudrait la preuve pour de bon.

Aussitôt la bougresse s'enfouit sous le boubou,
> > > > Et vite fait jaillir la sève du bambou.
> > > > J'ai gagné le chapon, s'exclame l'innocente,
> > > > La bouche encore pleine du produit de la vente.

Que nenni lui répond le volailler acerbe.
> > > > Tout comme la figure, le chapon tu as perdu,
> > > > Car comme le dit notre si beau proverbe :



"Turlute Hutu, chapon point eu".
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Dim 15 Mai 2016, 21:19

Tout est lumière, tout est joie.

L'araignée au pied diligent

Attache aux tulipes de soie

Les rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule

Mire les globes de ses yeux

Dans l'étang splendide où pullule

Tout un monde mystérieux.

La rose semble, rajeunie,

S'accoupler au bouton vermeil

L'oiseau chante plein d'harmonie

Dans les rameaux pleins de soleil.

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,

Le faon craintif joue en rêvant :

Dans les verts écrins de la mousse,

Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle

Comme un joyeux convalescent;

Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale

D'où la douceur du ciel descend !

Tout vit et se pose avec grâce,

Le rayon sur le seuil ouvert,

L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,

Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure;

Le bois jase ; l'herbe fleurit.

- Homme ! ne crains rien ! la nature

Sait le grand secret, et sourit.

Victor Hugo
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