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 Les poèmes à partager

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douce teigneuse
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Dim 19 Oct 2014, 10:25

Paul VERLAINE (1844-1896)


Un dahlia

Courtisane au sein dur, à l'oeil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.

Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
Arôme, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.

Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins
Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
Et tu trônes, Idole insensible à l'encens.

- Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur,
Elève sans orgueil sa tête sans odeur,
Irritant au milieu des jasmins agaçants !
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Dim 19 Oct 2014, 11:27



Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venez toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains resteront face à face
tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 20 Oct 2014, 16:44

Le buffet

C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

- O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Arthur Rimbaud
C'est son anniversaire aujourd'hui !
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douce teigneuse
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 20 Oct 2014, 17:32

Très bon choix qui rappelle tant de souvenirs ....................pour ma part comme élève et ..........comme enseignante !!!
Merci Marie kiss

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 20 Oct 2014, 18:06

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l'honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront,

Ceux qui aiment les arts, les sciences diront,
Ceux qui sont vertueux, pour tels se feront croire,
Ceux qui aiment le vin, deviseront de boire,
Ceux qui sont de loisir, de fables écriront,

Ceux qui sont médisants, se plairont à médire,
Ceux qui sont moins fâcheux, diront des mots pour rire,
Ceux qui sont plus vaillants, vanteront leur valeur,

Ceux qui se plaisent trop, chanteront leur louange,
Ceux qui veulent flatter, feront d'un diable un ange :
Moi, qui suis malheureux, je plaindrai mon malheur.

Joachim du Bellay
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douce teigneuse
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 20 Oct 2014, 18:09

cheers cheers cheers

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 23 Oct 2014, 13:56




FERNAND SEVERIN
(Né en 1867)


LES ÎLES EN FLEUR

Bien des jours avaient fui depuis l'heure fatale
Où, reniant enfin l'obscurité natale,
J'étais entré, joyeux, dans l'inconnu des flots!

Et souvent, devançant l'essor de mes galères,
J'avais interrogé les lointains solitaires,
Que le désir peuplait de mes eldorados.

C'était en vain! Malgré mon attente éperdue,
La mer, la vaste mer, emplissait l'étendue,
Où descendait bientôt l'anxiété du soir...

Mais, un jour, le parfum d'une terre prochaine
Nous arrivait avec la douceur d'une haleine,
Enivrant nos vingt ans d'un radieux espoir.

Et, tandis que la houle écumait sous l'étrave,
J'aspirais, exaucé, ce grand souffle suave
Qui s'était promené sur des îles en fleur...

Tel tu parlais, ravi dans un songe de gloire;
Et nous, nous qu'enchantait la meveilleuse histoire,
Un immortel regret nous étreignait le coeur.

Quel impérieux charme était dans ta parole
Pour qu'elle révélât à l'étranger frivole
Tout ce que son destin a d'obscur et d'amer?...

O voyageur! Voici qu'au soir de ma jeunesse,
Je les évoque avec une étrange tristesse,
Ces îles qu'annonçait un parfum sur la mer...
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 20 Nov 2014, 18:55

Ce n'est pas un poème mais cela pourrait l'être, lisez ceci: l langue française telle que la chante nos amies les bètes.

Écoute-le, ce vieil instit, donnant à ses petits enfants une leçon de vocabulaire sur les cris des animaux :

>
"Tu le sais, bien sûr depuis longtemps, le coq chante, cocorico,la poule caquette,
le chien aboie quand le cheval hennit
et que beugle le bœuf et meugle la vache,
l'hirondelle gazouille,la colombe roucoule et le pinson ramage.
Les moineaux piaillent,le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse
La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse
Et le chat comme le tigre miaule,
l'éléphant barrit,l'âne braie, mais le cerf rait
Le mouton bêle évidemment et bourdonne l'abeille
La biche brame quand le loup hurle.
Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ?
Que le canard nasille, les canards nasillardent !
Que le bouc ou la chèvre chevrote
Que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte
Que le paon braille,que l'aigle trompète
Sais-tu ?
Que si la tourterelle roucoule,le ramier caracoule et que la bécasse croule que la perdrix cacabe,
que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse,la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit.
Tu sais tout cela ? Bien. Mais sais-tu, sais-tu ?
Que l'alouette grisole,
Tu ne le savais pas. Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse
C'est excusable !
Ou que le sanglier grommelle,que le chameau blatère
Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère ! Tu ne sais pas non plus peut-être
que la huppe pupule
Et je ne sais pas non plus si on l'appelle en Limousin la pépue parce qu'elle pupule ou parce qu'elle fait son nid avec de la chose qui pue. Qu'importe ! Mais c'est joli: la huppe pupule !
Et encore sais-tu ? Sais-tu que la souris, la petite souris grise, devine ! La petite souris grise chicote. Avoue qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir,que le geai, Que le geai cajole !"
Instituteur, militant communiste, il est en 1940 secrétaire de la fédération départementale du PCF. Engagé dans la Résistance, il devient officier des FTPF, notamment dans le département de la Haute-Vienne auprès de Georges Guingouin1.

Il exerce les fonctions de secrétaire de Maurice Thorez de 1948 à 1951 et il fait partie du Comité central du PCF de 1947 à 1964.

Maire de Choisy-le-Roi de 1959 à 1979, il siège à l'Assemblée nationale en tant que député de la Seine, puis du Val-de-Marne, de 1962 à 1978.

Indépendamment de son action politique, il a été un pêcheur émérite, auteur d'un livre sur la pêche.

>
"L'Albine" de Fernand Dupuy
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 20 Nov 2014, 23:10

Ah!!!les vieux instits !!! c'est une race qui se perd lol!

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 18 Mar 2015, 16:51


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 18 Mar 2015, 16:53


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 18 Mar 2015, 17:44

Tu donnes plein de sous ! :fleur: :Merci: :bisouscoeur:
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 18 Mar 2015, 23:35

Aquarium
Hélas ! mes vœux n’amènent plus
Mon âme aux rives des paupières,
Elle est descendue au reflux
De ses prières.
Elle est au fond de mes yeux clos,
Et seule son haleine lasse
Élève encore à fleur des eaux
Ses lys de glace.
Ses lèvres au fond des douleurs,
Semblent closes à mille lieues,
Et je les vois chanter des fleurs
À tiges bleues.
Ses doigts blanchissent mes regards,
En suivant la trace incolore
De ses lys à jamais épars
Et morts d’éclore.
Et je sais qu’elle doit mourir
En joignant ses mains impuissantes,
Et lasses enfin de cueillir
Ces fleurs absentes.
Maurice Maeterlinck, Serres chaudes (1889).
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 27 Avr 2015, 16:39

Il pleure dans mon coeur.



Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine!

P.Verlaine(1844-1896)


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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 27 Avr 2015, 19:04

Il fait partie de mes préférés. kiss
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Ven 01 Mai 2015, 20:03




Page dédiée aux grands poètes d'aujourd'hui



FRANCE BONNEAU
Né à Jonquière en 1949


DE QUEL FEU?


De quel amour, de quel visage
De quelle fatigue es-tu?
De quel fracas est ton oeil
De quelle étoile viens-tu?

Je viens de mille survivances
De mille peines
De mille chemins
Je viens d'une seule aurore
D'un seul matin

Mais de quelle ville, de quelle montagne
De quelle patience es-tu?
De quel feu est ton oeil
De quel astre viens-tu?

Je viens de mille côtes
De mille sites
De mille partages

Je viens du désir enfin!

Quand dans l'avant-jour, je largue les amarres
C'est que j'espère encore!
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 01 Juil 2015, 17:57


L’Été



Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

Théodore de Banville (1823-1891)

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 01 Juil 2015, 18:40

Ah ça pour briller il a brillé !
Et pour brûler il a brûlé !
sunny sunny sunny Very Happy
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 01 Juil 2015, 19:17

Titre : L'Amour de l'Amour

Poète : Germain Nouveau (1851-1920)

Recueil : La doctrine de l'amour (1881).

I.

Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve
Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;
C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,
Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.

Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,
Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels,
Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,
Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.

Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse
Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ;
C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse,
Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.

Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange,
Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau,
Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange,
Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau !

Aimez l'antique amour du règne de Saturne,
Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,
Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne,
Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !

Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme,
Lui dont la caravane humaine allait rêvant,
Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme,
Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.

Il revient ; le voici : son aurore éternelle
A frémi comme un monde au ventre de la nuit,
C'est le commencement des rumeurs de son aile ;
Il veille sur le sage, et la vierge le suit.

Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,
C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,
C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes
Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.

Il palpite toujours sous les tentes de toile,
Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;
C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ;
L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.

La source le pleurait, car il sera la mousse,
Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit,
Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce
Qui fera reculer toute ombre et toute nuit.

Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,
Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez !
Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche,
Amour dans les déserts, amour dans les cités !

Amour sur l'Océan, amour sur les collines !
Amour dans les grands lys qui montent des vallons !
Amour dans la parole et les brises câlines !
Amour dans la prière et sur les violons !

Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !
Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !
Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !
Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !

Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !
Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !
Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !
Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !

II.

Mais adorez l'Amour terrible qui demeure
Dans l'éblouissement des futures Sions,
Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure
Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.

Germain Nouveau.

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Mer 19 Aoû 2015, 22:15


Far-niente

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.
Théophile Gautier, Premières Poésies
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 14 Sep 2015, 18:48



UNE PENSÉE POUR TOI
Si tu as la foi...
tu n'as qu'à croire que
chaque mauvaise tournure des choses de la vie est à ton avantage.

Une personne arrive dans ta vie et rapidement, elle s'en va.
Une autre personne devient ton ami
en te laissant de belles empreintes sur ton coeur
et tu n'es plus jamais la même,
car tu t'es fait un nouvel ami !

Hier est de l'histoire ancienne.
Demain est un mystère.
Aujourd'hui est un cadeau.
Et c'est pourquoi, on l'appelle le présent!
Je crois que c'est spécial de vivre et de savourer chaque moment.

Souviens toi:
Le plus petit contact humain fait parfois des miracles.
Un cadeau de tendresse est toujours apprécié
et apporte un rayon de soleil dans le coeur.
- Angello -
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Lun 25 Jan 2016, 21:14

Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, est l'une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l'adolescence... et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l'aube du 26 janvier 1855, on l'a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s'est éteinte avec lui.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.

C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?»

(Gérard de Nerval, Épitaphe)
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 11 Fév 2016, 11:39

Un poème que je viens de lire sur facebook et qui m'a beaucoup attendri ...

Nos hivers...

Cesse de cacher tes fesses qui tombent,
En disant encore qu'elles ne te plaisent plus.
Laisse-moi seul juge, la tâche m'incombe,
J'aime ce que tu es, comme ce que tu fus.

Oui, ta peau se ride, devient fine et diaphane,
Et ton visage peu à peu se rappelle d'hier.
Mais sache mon ange, que j'aime aussi ton âme
Et que tes rides racontent nos chaleureux hivers.

Ne cache plus tes longs cheveux gris,
Sous ces couleurs qui occultent tes fragilités.
Je te présente sans honte mon crâne dégarni;
Que ta chevelure signe le nombre de nos années.

Tes petits seins remplissent à peine mes mains,
Mais Ils dessinent l'aube de tous mes émois.
Ne crains plus le temps, ne crains plus demain.
Nous bâtissons un château sans vassaux, ni rois.

D. Frere
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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 11 Fév 2016, 16:04

Ainsi, mon cher ami, vous allez donc partir !
Adieu ; laissez les sots blâmer votre folie.
Quel que soit le chemin, quel que soit l’avenir,
Le seul guide en ce monde est la main d’une amie.

Vous me laissez pourtant bien seul, moi qui m’ennuie.
Mais qu’importe ? L’espoir de vous voir revenir
Me donnera, malgré les dégoûts de la vie,
Ce courage d’enfant qui consiste à vieillir.

Quelquefois seulement, près de votre maîtresse,
Souvenez-vous d’un coeur qui prouva sa noblesse
Mieux que l’épervier d’or dont mon casque est armé ;

Qui vous a tout de suite et librement aimé,
Dans la force et la fleur de la belle jeunesse,
Et qui dort maintenant à tout jamais fermé.

Alfred de Musset
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jourapresjour

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Jeu 11 Fév 2016, 16:13

Très jolis poèmes.

Je connaissais celui d'Alfred de Musset mais pas celui que tu as mis Mu !
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Matriarche3

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MessageSujet: Re: Les poèmes à partager    Sam 13 Fév 2016, 13:42

A la France
André Chénier
France ! ô belle contrée, ô terre généreuse
Que les dieux complaisants formaient pour être heureuse,
Tu ne sens point du Nord les glaçantes horreurs ;
Le Midi de ses feux t’épargne les fureurs ;
Tes arbres innocents n’ont point d’ombres mortelles ;
Ni des poisons épars dans tes herbes nouvelles
Ne trompent une main crédule ; ni tes bois
Des tigres frémissants ne redoutent la voix ;
Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes
En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes.
Les chênes, les sapins et les ormes épais
En utiles rameaux ombragent tes sommets ;
Et de Beaune et d’Aï les rives fortunées,
Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées,
Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux
Des vins délicieux mûris sur leurs coteaux.
La Provence odorante, et de Zéphyre aimée,
Respire sur les mers une haleine embaumée,
Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,
L’orange et le citron de leur tunique d’or ;
Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,
Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,
Et ces réseaux légers, diaphanes habits,
Où la fraîche grenade enferme ses rubis.
Sur tes rochers touffus la chèvre se hérisse,
Tes prés enflent de lait la féconde génisse,
Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,
Épaissir le tissu de leur blanche toison.
Dans les fertiles champs voisins de la Touraine,
Dans ceux où l’Océan boit l’urne de la Seine,
S’élèvent pour le frein des coursiers belliqueux.
Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :
L’indomptable Garonne aux vagues insensées,
Le Rhône impétueux, fils des Alpes glacées,
La Seine au flot royal, la Loire dans son sein
Incertaine, et la Saône, et mille autres enfin
Qui nourrissent partout, sur tes nobles rivages,
Fleurs, moissons et vergers, et bois et pâturages,
Rampent aux pieds des murs d’opulentes cités,
Sous les arches de pierre à grand bruit emportés.

Dirai-je ces travaux, source de l’abondance,
Ces ports, où des deux mers l’active bienfaisance
Amène les tributs du rivage lointain
Que visite Phoebus le soir ou le matin ?
Dirai-je ces canaux, ces montagnes percées,
De bassins en bassins ces ondes amassées
Pour joindre au pied des monts l’une et l’autre Téthys ?
Et ces vastes chemins en tous lieux départis,
Où l’étranger, à l’aise achevant son voyage,
Pense au nom des Trudaine et bénit leur ouvrage ?

Ton peuple industrieux est né pour les combats.
Le glaive, le mousquet n’accablent point ses bras.
Il s’élance aux assauts, et son fer intrépide
Chassa l’impie Anglais, usurpateur avide.
Le ciel les fit humains, hospitaliers et bons,
Amis des doux plaisirs, des festins, des chansons ;
Mais, faibles opprimés, la tristesse inquiète
Glace ces chants joyeux sur leur bouche muette,
Pour les jeux, pour la danse appesantit leurs pas,
Renverse devant eux les tables des repas,
Flétrit de longs soucis, empreinte douloureuse,
Et leur front et leur âme. Ô France ! trop heureuse,
Si tu voyais tes biens, si tu profitais mieux
Des dons que tu reçus de la bonté des cieux !

Vois le superbe Anglais, l’Anglais dont le courage
Ne s’est soumis qu’aux lois d’un sénat libre et sage,
Qui t’épie, et, dans l’Inde éclipsant ta splendeur,
Sur tes fautes sans nombre élève sa grandeur.
Il triomphe, il t’insulte. Oh ! combien tes collines
Tressailliraient de voir réparer tes ruines,
Et pour la liberté donneraient sans regrets,
Et leur vin, et leur huile, et leurs belles forêts !
J’ai vu dans tes hameaux la plaintive misère,
La mendicité blême et la douleur amère.
Je t’ai vu dans tes biens, indigent laboureur,
D’un fisc avare et dur maudissant la rigueur,
Versant aux pieds des grands des larmes inutiles,
Tout trempé de sueurs pour toi-même infertiles,
Découragé de vivre, et plein d’un juste effroi
De mettre au jour des fils malheureux comme toi.

Tu vois sous les soldats les villes gémissantes ;
Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes,
Le sel, fils de la terre, ou même l’eau des mers,
Sources d’oppression et de fléaux divers ;
Vingt brigands, revêtus du nom sacré de prince,
S’unir à déchirer une triste province,
Et courir à l’envi, de son sang altérés,
Se partager entre eux ses membres déchirés.
Ô sainte Égalité ! dissipe nos ténèbres,
Renverse les verrous, les bastilles funèbres.
Le riche indifférent, dans un char promené,
De ces gouffres secrets partout environné,
Rit avec les bourreaux, s’il n’est bourreau lui-même ;
Près de ces noirs réduits de la misère extrême,
D’une maîtresse impure achète les transports,
Chante sur des tombeaux, et boit parmi des morts.

Malesherbes, Turgot, ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.

Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile ;
J’irai, j’irai bien loin me chercher un asile,
Un asile à ma vie en son paisible cours,
Une tombe à ma cendre à la fin de mes jours,
Où d’un grand au coeur dur l’opulence homicide
Du sang d’un peuple entier ne sera point avide,
Et ne me dira point, avec un rire affreux,
Qu’ils se plaignent sans cesse et qu’ils sont trop heureux ;
Où, loin des ravisseurs, la main cultivatrice
Recueillera les dons d’une terre propice ;
Où mon coeur, respirant sous un ciel étranger,
Ne verra plus des maux qu’il ne peut soulager ;
Où mes yeux, éloignés des publiques misères,
Ne verront plus partout les larmes de mes frères,
Et la pâle indigence à la mourante voix,
Et les crimes puissants qui font trembler les lois.

Toi donc, Équité sainte, ô toi, vierge adorée,
De nos tristes climats pour longtemps ignorée,
Daigne du haut des cieux goûter le libre encens
D’une lyre au coeur chaste, aux transports innocents,
Qui ne saura jamais, par des voeux mercenaires,
Flatter à prix d’argent des faveurs arbitraires,
Mais qui rendra toujours, par amour et par choix,
Un noble et pur hommage aux appuis de tes lois.
De voeux pour les humains tous ses chants retentissent ;
La vérité l’enflamme, et ses cordes frémissent
Quand l’air qui l’environne auprès d’elle a porté
Le doux nom des vertus et de la liberté.

André Chénier, Hymnes et Odes
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